DCF RÉUNION

La Réunion veut conquérir de nouveaux marchés

lundi 3 novembre 2008 par DCF RÉUNION

Avec ses quelque 2 512 km2 et sa population de 740 000 habitants, La Réunion constitue un petit marché relativement à d’autres pays de l’océan Indien et de l’Afrique australe. Mais ce marché dispose du meilleur pouvoir d’achat de la zone et bénéficie d’une économie diversifiée et en plein essor. En effet, la population réunionnaise est très jeune - plus de la moitié des Réunionnais ont moins de 30 ans - même si l’allongement de l’espérance de vie entraîne un vieillissement progressif de la population. Facteur de dynamisme, la jeunesse de la population stimule l’économie.

Par ailleurs, le pouvoir d’achat du consommateur réunionnais, ses modes de consommation et son niveau d’équipement sont proches du niveau européen. En effet, la quasi-totalité des ménages disposent d’un réfrigérateur. Le téléphone et la télévision sont omniprésents. Et les équipements comme le lave-linge, l’automobile ou encore le magnétoscope font désormais partie intégrante de la vie d’un ménage moyen réunionnais.

6% de croissance depuis 1995 Tirée largement par les transferts nationaux et européens à travers une politique générale de rattrapage des retards de développement, la croissance économique de l’île est forte (6% par an depuis 1995, deux fois supérieure à la croissance nationale) et sa capacité à créer des emplois est soutenue depuis dix ans avec un nouveau record en 2002 : 7 000 emplois créés pour 740 000 habitants. Du reste, le dynamisme des entreprises réunionnaises illustre la bonne santé de l’économie. En 2001, plus de 4 400 entreprises ont été créées et le taux de créations a atteint 18,4% alors qu’il s’était stabilisé à 16,5% les années précédentes (un taux largement supérieur à la moyenne nationale). Le taux de cessation d’activité continue quant à lui de décroître. Le dynamisme entrepreneurial est donc une réalité même si le poids du secteur non marchand reste considérable puisqu’en 2000, il représentait 3,3 milliards d’euros de transferts publics annuels rapporté à un PIB de 8,6 milliards d’euros en 2000 (9 milliards d’euros en 2002) et 45 000 fonctionnaires sur 180 000 actifs ayant un emploi (on comptait 200 000 actifs en 2002).

Enfin, La Réunion dispose d’une main d’œuvre jeune et disponible : 71% des demandeurs d’emplois de l’île ont moins de 40 ans et 36% moins de 30 ans. De plus, une grande majorité des demandeurs d’emploi présentent un niveau de qualification et de rentabilité (respect des horaires, productivité, peu d’absentéisme, taux de fidélité à l’entreprise supérieure à la moyenne nationale) reconnu et envié dans la zone.

Un dispositif d’allègement des charges patronales Par ailleurs, de nombreux handicaps structurels freinent le développement de la valeur ajoutée à La Réunion. L’éloignement, l’étroitesse du marché, le manque de ressources naturelles et l’isolement au sein des pays ACP (Afrique-Caraïbe-Pacifique), ajoute fortement au déficit actuel de compétitivité du secteur productif de La Réunion. Un déficit accentué par des coûts salariaux élevés. Cela dit, un dispositif d’allègement des charges patronales a été mis en place (exonération et/ou réduction de charges, prime à la création d’emploi...) afin de contrer ce handicap. Grâce à lui, l’abaissement du coût total supporté par les employeurs dans les secteurs productifs peut atteindre 8 500 euros par emploi et par an (avec une exportation de 20% des produits ou prestations). Pour faire face au défi social et démographique, La Réunion se prépare à capter une part de la croissance du commerce international de manière à créer les emplois marchands nécessaires à l’insertion des jeunes. Ce potentiel à l’export existe, comme le révèlent les chiffres des dernières années, et les acteurs locaux en ont pris la mesure, multipliant récemment les initiatives. En 2001, le solde du commerce extérieur de La Réunion enregistrait un déficit de 2,6 milliards d’euros. La valeur totale des importations atteignait 2,9 milliards d’euros, celle des exportations s’élevait à 229 millions d’euros (auxquels il faut rajouter 23 millions d’euros pour les services et 320 millions d’euros pour le tourisme).

Les trois postes les plus importations sont les produits des industries alimentaires, les produits de l’industrie automobile et les produits chimiques. Les produits des industries agricoles et alimentaires représentent 70% des produits exportés. Le sucre reste toujours le principal produit exporté (47% du total). En 2001, on observe une importante progression du montant exporté des produits énergétiques et de l’industrie automobile. Les exportations de la mer ont quant à elles connu une très forte progression en 2000, à + 68%.

« Si l’on regarde plus largement les chiffres des dernières années, on constate la progression des exportations réunionnaises, confie Paul Hibon, directeur général du CPI (Comité de pilotage de l’industrie). Alors que la balance commerciale reste largement déficitaire, les exportations hors sucre connaissent une croissance annuelle d’environ 13% depuis 1994. Le dynamisme à l’export est également une réalité dans les services (hors tourisme, les exportations de services sont estimées entre 25 et 30 millions d’euros en 2002, selon une étude du Club Export). On constate en effet un intérêt croissant des prestataires de services réunionnais pour les marchés extérieurs (architecture, formation, santé, ingénierie, services informatiques...). Enfin, les exportations de biens produits à La Réunion se développent dans des secteurs inattendus : fabrication de matériel électroménager, tôles-huisseries-portes métalliques, transmission hydraulique et pneumatiques, gaines et transport du froid, assemblage d’ordinateurs et équipements informatiques, farine de blé, prothèses, traitement de l’eau, bâches techniques, ferraille traitée, panneaux isolants pour chambres froides... » Ainsi, pour créer des emplois et la richesse dont La Réunion a besoin, répondre au marché local ne suffit pas même s’il connaît une croissance régulière de 2% par an. Il est urgent de conquérir de nouveaux marchés dans le grand océan Indien et en Europe. Pour ce faire, La Réunion doit tirer partie de ses atouts. Seule région européenne de l’hémisphère sud, dotée d’infrastructures de qualité, d’une main d’œuvre formée et de financements publics significatifs, la Réunion a les moyens de devenir un point d’appui pour l’Europe dans le grand océan Indien et un laboratoire européen en zone tropicale.

La Loi-Programme pour l’Outre-mer « Pour encourager la création de vrais emplois durables »

La toute récente loi-Programme pour l’Outremer devrait apporter une lisibilité à long terme de la stratégie de développement économique et des améliorations notables sur les conditions de compétitivité des entreprises. Elle vise en effet à promouvoir un développement économique de l’Outre-mer, fondé sur une logique d’activité et de responsabilité. Ses dispositions s’inscrivent dans le long terme (quinze ans) et s’articulent autour de trois axes : encourager la création d’emplois afin que les économies ultramarines soient en mesure d’offrir, notamment aux jeunes, des emplois durables ; favoriser la relance de l’investissement privé grâce à un dispositif de défiscalisation qui suscite véritablement l’initiative ; renforcer la continuité territoriale entre les collectivités d’outre-mer et la métropole.

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